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Dimanche 9 mars 2008


presshypo_portrait_1BD.jpg Quel lien faites-vous entre musique et politique ?
La musique, comme l'art en général, est politique. Tout travail artistique soulevant des questions d'ordre esthétique, implique généralement une pensée politique plus globale, même si l'œuvre n'est pas explicitement politique. Faire de l'art, c'est se positionner. Et même si je n'ai jamais parlé de politique dans mon travail, j'estime qu'on peut facilement comprendre que celui-ci interroge, critique ou tourne en dérision les systèmes de pensée de la musique, eux-même reliés à des phénomènes sociaux, commerciaux, médiatiques et donc forcément politiques. De ce fait, même une musique instrumentale sans titre peut être politique.
Cependant, les arts actuels ne semblent plus (se) poser beaucoup de questions. Et c'est assez explicable, je crois, par plusieurs phénomènes : d'une part, nous subissons actuellement le retour de bâton de la révolution numérique, qui, si elle avait posé pas mal de questions dès le début des années 1990, est aujourd'hui totalement assimilée et digérée. Tous les artistes qui questionnaient les failles de l'ordinateur comme les gens du label
Mego, Oval et bien d'autres ont été assimilés par la masse. Leur questionnement de l'erreur informatique est devenu une esthétique comme les autres et aujourd'hui Britney Spears met des "clics" et des "cuts" dans ses tubes. D'autre part nous vivons une époque très légère : dans les musées comme dans les salles de concert, c'est le "fun" qui prime, on n'attend plus des artistes qu'ils soient des vecteurs de réflexion mais de simples amuseurs. Des entertainers. Il y a même une certaine dictature de l'entertainment. Une sorte de "Amuse-nous ou crève!". Avec la destitution de la musique enregistrée (devenue gratuite donc trop facile d'accès pour qu'on y attache la moindre valeur), le "live" est de retour et avec lui, la performance. Le performer remplace l'artiste. Et le performer n'a pas besoin de penser sa musique mais simplement son show. Il se doit d'être un show man, c'est tout. C'est une catastrophe pour des gens qui, comme moi, aiment et envisagent la musique comme une œuvre enregistrée. De plus, cette légèreté généralisée a définitivement évincé l'ironie au profit du cynisme. La musique n'a jamais été aussi sérieuse qu'aujourd'hui alors que tout n'est qu'affaire de poseurs. L'ironie qui était très présente dans la musique électronique entre 1995 et 2000 (Warp, Rephlex, Sonig...) a totalement disparue. Et à juste titre puisque aujourd’hui, l'ironie n'a plus sa place. Il y a 10 ans, ironiser revenait à critiquer de manière très efficace. Mais c'est aujourd'hui devenu un exercice impossible car rien de "critique" ne choque plus personne. James de V/Vm me disait, il y a quelques semaines, qu'il se considère aujourd’hui au chômage ! Et à juste titre : comment pourrait-on ironiser sur un système qui a finalement digéré ceux qui le remettaient en question ? Un système qui a réussi à neutraliser ses opposants en faisant croire au monde entier qu'il leur donne la parole, voire qu'il les soutient dans leur droit à l'opposition ! (ça ne vous rappelle rien ??...) C'est également ce qui s'est passé en Fnac : ils ont viré 95% des indépendants de leurs magasins tout en continuant à baser leur communication sur "le soutien aux indépendants". Des indépendants bidon et fabriqués par des chefs de produits dignes de la Star Ac, et des labels indés bidons qui, quand ils ne sont pas des sous-divisions de majors, sont assez gros pour jouer dans la cour des majors. Même chose pour la presse qui est à la botte des majors. Tout le monde sait qu'une chronique s'achète, que les clés Télérama s'achètent....
Bref, le système artistique actuel n'a rien à envier au système politique.

Rock et capitalisme ?
Aujourd'hui, c'est la même chose. Ou alors je suis passé à côté des nouveaux Béru ?

La chanson dite « engagée » a-t-elle un sens aujourd'hui ?
Je n'en connais pas.

Croyez-vous en nos élites politiques ?
Non.

Êtes-vous démocrate ?
Dans l'absolu j'aimerais croire qu'il y a de la place pour tout le monde et surtout, j'ai envie d'écouter tout le monde... donc, oui, je dois être démocrate.

Vous sentez-vous de gauche ou de droite ?
Aux présidentielles, j'ai voté au centre au premier tour et à gauche au second. J’ai voté centriste parce que Bayrou était le seul à proposer une loi qui interdise aux grands groupes travaillant avec l’état de posséder des médias. Et qu’il proposait en plus de donner le droit de vote aux immigrés installés en France depuis plus de 10 ans et aussi le mariage gay.
Mais mes amis artistes de gauche radicale (j'en ai beaucoup) sont quelques fois un peu obtus et m'ont sans doute catalogué comme un mec de centre-droit. Ce que je ne pense pas être (ni de droite, ni de gauche, ni du centre). Je ne suis surtout pas un militant donc aucune chance que je prenne ma carte quelque part, que je me rende à une manif ou que je fasse la morale aux gens. Je n’ai plus la télé depuis plus de deux ans donc pendant la campagne présidentielle, j’ai sans doute échappé au pire de la politique people. Pour me faire mon avis, j’ai lu les programmes des trois personnes ayant une chance de passer : gauche, droite et centre. C’est tout. Je voulais avoir cette approche basique de l’acte de voter car c’était la première fois que je votais. D’ailleurs, ne devrions-nous pas nous en tenir à ça ? Un programme. Pas un homme ou un parti, mais plutôt un programme. N’est-ce pas le principal ?


Quelle a été votre évolution d'un point de vue des idées politiques ?
Comme je te dis, j'ai voté pour la première fois de ma vie à 34 ans. Avant ça, je pense que j'avais simplement la flemme.

Y a-t-il un événement, un personnage, un livre, qui vous ait « éveillé » au / à la politique ?
Pas vraiment. Peut-être le roman Ferdydurke, de Witold Gombrowicz, qui rend compte avec humour du procédé d'infantilisation de l'individu par la société.

Quel regard portez-vous sur l'histoire de France ?
Un regard assez neutre. J'aime l'histoire en général. L'histoire des peuples.

Que signifie être français, pour vous ?
Je ne vais pas sortir un couplet "citoyen du monde". C'est une belle idée mais il est très difficile de faire abstraction de sa culture. Je suis attaché à la démocratie, à la laïcité. Je ne suis pas particulièrement patriote, je ne suis pas prêt à donner ma vie pour mon pays. Je me sens français parce que je le suis. Je suis petit-fils d'immigrés belges et je me sens également un peu belge. Mon nom est belge.

Quelle est votre vision de la société de demain ? Quelle place pour quel humanisme ?
L'univers s'est passé de l'humain pendant plus de 13 milliards d'années et pourrait très bien s'en passer à nouveau sans problème. Je pense que tant que cette réalité ne sera pas rabâchée dans les écoles du monde entier, on n’avancera pas.

Pensez-vous que l'art infléchisse l'histoire ?
Actuellement, je dirais plutôt que l'histoire infléchit l'art.

Votre regard, vos commentaires, sur l'actualité en France, en Europe, dans le monde.

C’est pas brillant.



[www.hypomusic.net]

Par m_p
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Commentaires

Vous ne connaissez pas de chanson "engagée" ? Normal, on la censure... Le seul chanteur engagé français s'appelle Jean-Pax Méfret mais son engagement, ne datant pas d'hier, n'est pas vraiment celui auquel on est habitué. et pour cause ! http://www.jean-pax.com/spip.php?page=faq
Commentaire n°1 posté par Antoine le 10/03/2008 à 18h08
"questionner les failles des ordinateurs"...
Peut-être que la question n'était pas pertinente ? Pourquoi serait-ce forcément la faute au grand-méchant-"système" ?!
Les zartistes devcraient aussi parfois savoir remettre en cause tout ce blabla...
Commentaire n°2 posté par mik-a le 11/03/2008 à 16h12
Parce que, lorsqu'on te donne un nouvel outil, il me semble normal de voir ce que tu peux faire avec et quelles sont ses limites. Mais tu peux aussi en faire un usage basique. Mais dans ce cas, point de jimmy hendricks, de pink floyd et autres beach boys. Enfin, c'est un truc de base je crois...
Commentaire n°3 posté par Hypo le 11/03/2008 à 21h08
Antoine : vous me faites découvrir Méfret. Plutôt intéressant. Indépendamment d'un jugement artistique et sur le fond des textes, on peut effectivement s'interroger sur le pourquoi du total silence qui entoure ce type.

mik-a : merci pour votre scepticisme à l'égard de l'art actuel car il en faut.

Hypo : la question de mika n'est pas si absurde qu'elle le semble. Je veux dire que, parfois, sous couvert de "questionner" tel ou tel aspect, certains ont parfois tendance à tourner à vide... D'ailleurs, la question initiale que tu poses (la récupération d'une question, devenue esthétique, elle-même devenue gimmick) ne peut pas, je crois, recevoir de réponse univoque du type "le système récupère cette réflexion artistique et en fait de la merde de masse".
Commentaire n°4 posté par m_p le 12/03/2008 à 10h07
Et puis, une fois terminée l'"exploration" et le "questionnement" de l'outil, qu'est-ce qu'on fait ? N'est-ce pas là que la récupération intervient et que l'artiste doit (peut-être) passer à autre chose ?...
Commentaire n°5 posté par m_p le 12/03/2008 à 10h10
Eh oui : que faire ?...
Commentaire n°6 posté par Lénine le 13/03/2008 à 17h01
Je dis "assimilé" et non "récuperé". Rien de péjoratif donc. Le terme "masse" n'a pas non plus pour moi de sens péjoratif. Je suis contre toute forme d'élitisme artistique. J'adore "Toxic" de Britney Spears et j'écoute aujourd'hui principalement de la musique dite "grand public" que je trouve globalement plus décomplexée et aventureuse que bon nombre des musiques pointues qui sortent actuellement. 
L'assimilation ou la récupération sont des choses très naturelles. Tout le monde récupere tout le monde, ce n'est pas ce que je déplore. Et je n'ai jamais dit un truc qui de pres ou de loin ressemble à "le système récupère cette réflexion artistique et en fait de la merde de masse". Je n'ai aucun probleme avec le systeme de la récuperation ! C'est tres bien si Timbaland écoute Aphex Twin avant de produire Missy Elliott. Ca fait juste un tres bon album de Missy Elliott. 
En revanche, ce que je déplore c'est la "normalisation" des musiques et une forme de crise générale de l'inspiration due en partie au fait que plus que jamais, nous vivons une époque artisitique compilatoire et référentielle qui se mord la queue. Par exemple, nous ne sommes toujours pas sorti du revival 80's qui a commencé en 1995. Nous sommes en 2008, le revival 80's dure depuis 13 ans, ce qui est deja plus long que les années 80 elles... 
C'est tout de même assez révélateur.
Mais nous vivons sans doute simplement une epoque artistique un peu difficile...
Commentaire n°7 posté par Hypo le 13/03/2008 à 17h38
Vladimir Ilitch Oulianov : hé hé...

Hypo : désolé, je t'avais mal compris, ma paraphrase était à côté de la plaque.
Pour autant, sur la normalisation, je ne suis pas sûr de te suivre : j'ai lu quelque part que tu disais avoir appris que, dans le domaine artistique, rien n'était plus à inventer réellement. Je suis assez d'accord avec ça (même si on peut relativiser, bien sûr) et les artistes sont "condamnés" à revisiter, faire revivre, corriger, des formes déjà disponibles.
Donc concernant le revival 80's : n'est-il pas seulement un revival parmi d'autres, lesquels peuvent être aussi créatifs ? Je suis beaucoup moins à l'affut et averti qu'il y a quelques années, mais il me semble que nombre de "revivals" (plus ou moins conséquents) sont à l'oeuvre, actuellement. Es-tu sûr que celui dont tu parles est si prégnant que ça aujourd'hui ?
Pour ma part, je crois qu'on vit surtout une époque de profusion et que celle-ci à tendance à diluer les bonnes choses qui peuvent s'y trouver.
Commentaire n°8 posté par m_p le 13/03/2008 à 20h21
Je parlais du revival 80's à titre d'exemple. C'est un revival parmi d'autres, effectivement. Et pour être plus précis, je devrais dire revival "1977-1982". Et oui, je pense que c'est encore très présent et qu'on a du mal à en sortir. Ca a commencé avec humour (DMX Krew), ça s'est poursuivi avec la juste réhabilitation des courants post punk, EBM, new wave (les compils Soul Jazz, le grand retour d'ESG, les films sur Factory, Joy Division, les rééditions de disques introuvables depuis 20 ans), mais le phénomène s'est également propagé dans la variété, donnant naissance au "1980" de Pascal Obispo, la reprise de "à cause des garçons" de Yelle, etc. Dans la mode on a vu tout un tas de profils gothiques et autres "chemises noires" refaire surface (les looks à la "Visage" de Dior), etc. Tout cela confine parfois à la nostalgie façon "enfants de la télé".  Et ce n'est pas la profusion de "converse & cheap monday" qu'on croise dans la rue qui me fait penser qu'il y a un look ou une musique spécifique aux années 2000. Donc oui je pense que le revival 80's est encore là et j'aimerais bien qu'on en sorte. Et oui, il y a d'autres revivals, tels que le revival 90's avec les looks à la salt n pepa et les casquettes fluo ou bien Ed Banger et tous les sous Daft Punk.
Alors oui, nous vivons une époque de profusion sans aucun doute, mais je ne vois rien de très novateur. Même la tecktonik ne correspond à rien musicalement. La musique qui va avec ce look est la même bonne vieille techno qu'on mange depuis plus de 15 ans. Enfin, rien de bien grave, mais j'aimerais bien qu'on nous surprenne un peu plus des fois...
Commentaire n°9 posté par hypo le 14/03/2008 à 15h57
Vous dites: "Tous les artistes qui questionnaient les failles de l'ordinateur comme les gens du label Mego, Oval et bien d'autres ont été assimilés par la masse. Leur questionnement de l'erreur informatique est devenu une esthétique comme les autres et aujourd'hui Britney Spears met des "clics" et des "cuts" dans ses tubes." Franchement peut-on résumer ces artistes à cette question de l'esthétique de l'erreur? Il faut assuremment aller plus loin. je vous invite à aller là et notmment la fin sur Alva Noto: sa réflexion est bien différente aujourd'hui: http://www.laptitemaison.com/ptitemaison/article.php3?id_article=397
Commentaire n°10 posté par olivier le 06/04/2008 à 21h17
Salut Hypo comment ça va ? :-) "nous vivons sans doute simplement une epoque artistique un peu difficile..." "crise générale de l'inspiration" >>> sincèrement je ne le pense pas, et je n'ai jamais autant écouté de bonne musique qu'en ce moment. Simplement maintenant la bonne musique il faut aller la chercher, elle ne vient pas à nous. Plus autant disons qu'au milieu des années 90, où l'on pouvait s'abreuver facilement d'une musique "populaire" de "qualité". Mais ça n'a pas trait à la musique, à la création en elle-même. C'est totalement lié aux gros systèmes de distribution, qui ont désormais abandonné toute velleité de prospection. La distribution de la musique va comme le reste, elle se balkannise en quelque sorte... On va de micro-groupes en micro-groupes, et on assiste à l'éclosion perpétuelle de petits systèmes qui s'ignorent totalement les uns les autres. Sérieusement, la crise de l'inspiration, je n'y crois pas, je n'y ai jamais cru. C'est l'ACCES aux choses inspirées qui est en crise.
Commentaire n°11 posté par Lena le 21/04/2008 à 11h50
Yep ! je vais d'abord répondre à Olivier. Je ne doute pas que ce questionnement de l'outil informatique s'accompagne d'une poesie et d'une volonté de repenser l'écoute, la diffusion et et la production musicale. J'ai volontairement pris des raccourcis. Mais attention aux utopies d'art total, d'interactivités, de design sonore environemental chers à Jean-Yves Leloup. Pour moi toutes ces belles idées vieillissent souvent aussi vite qu'un album de Björk. C'est très beau, très calsse, mais c'est aussi souvent clinquant. Et ça vieillit souvent tres vite. Déjà en 1999 avec l'expo ZAC99, j'ai senti que tout celà manquait de sens critique.

Quand à ce que dit Lena, c'est tres interessant et c'est une question que je me pose sans cesse! Suis je devenu un vieux con? Ou bien ne sais je plus chercher et trouver la bonne musique? Il est vrai que j'ai toujours été attaché à l'idée d'une "scène", d'un "courant", d'un travail en commun, d'un pôle géographique. Ce qu'on avait effectivement dans les années 90 avec les labels. on achetait un disque Warp ou Mego presque les yeux fermés car on savait qu'il serait sans doute interessant. Et tu fais bien de parler de mico groupuscules aujourd'hui. Et j'en ai parfaitement conscience, j'ai aimé beaucoup de petites choses sorties à New York ces derniers temps, des Ariel Pink, des Gang Gang Dance, mais tout cela reste des phénomènes isolés. Et cet isolement de l'artiste est tres pesant. J'ai très envie de te croire quand tu dis que c'est l'ACCES aux choses inspirées qui est en crise. Et je ne parlais pas de l'inspiration au sens quasi religieux du terme, cette idée me fait horreur. Mais plus concretement, livre nous quelques unes de tes decouvertes, je suis curieux (ah je suis curieux donc peut etre que je ne suis pas encore un vieux con!)
Commentaire n°12 posté par Hypo le 21/04/2008 à 13h53
Donc Alva Noto serait clinquant. Mouais, normal, quand on n'est pas obscur, on est clinquant, c'est logique. Et puis les thèses de Leloup serait clinquante, elle aussi. Pourtant, dire que la musique aujourd'hui est un média plus important que l'image a quelque chose de très juste. C'est une piste de travail intéressante car elle repose empiriquement sur ce que nous vivons tous. Pour en avoir discuter par mail avec Yves Michaud, l'art à l'état sonore et son développemennt est quelque chose qui, sans être spectaculaire (l'acousmatqiue est rarement spectaculaire par exemple) risque tout de même de marquer l'art de l'époque de façon plus importante que tu ne voudrais le croire. Bien des intellectuels, même à Ulm, y voit un changement de paradigme qui mérite un peu plus qu'une phrase de dédain ou une posture radicale-chic. On peut ronchonner, jouer au post-moderne finkelkrautien, mais une humeur fait-elle une pensée? Peut-être me fais-je des illusions sur les musiques que j'aime aujourd'hui mais je ne sais pas être cynique. Bien à toi
Commentaire n°13 posté par olivier le 03/05/2008 à 09h56

Olala ! Personne ne te demande d’être cynique ! Et je ne pense pas l’être. Ne pas confondre ironie et cynisme. Et je n’ai rien contre Jean Yves Leloup, bien au contraire, c’est quelqu’un qui a réellement soutenu les musiques électroniques en France et on lui doit de très bonnes programmations musicales dans beaucoup de lieux d’art contemporain. Et j’aime beaucoup le label Raster Noton, Ikeda, Pan Sonic, Touch et toutes ces scènes. Quant à Marclay, dont parle aussi Leloup, je suis et j’aime son travail depuis le milieu des années 90. Tout va bien donc. J’insiste seulement sur ma volonté de ne pas tomber dans un néo classicisme de l’écoute contemplative de ces musiques. Le côté " achitecture sonore " ou " cité des sciences " me fait un peu peur. C’est ce que j’entends par " clinquant ". Je préfère garder en tête que ces gens peuvent aussi être des fouteurs de merde avec leurs fréquences douloureuses, le détournement du matériel scientifique, la poésie qui découle d’une certaine vanité de leur travail (circuits fermés, disques durs en autarcie, programmes clairement présentés comme inutiles…). Je suis plus sensible à ces aspects.
Amicalement.

Commentaire n°14 posté par Hypo le 03/05/2008 à 12h33
si par "néo classicisme de l’écoute contemplative de ces musiques" tu entends dire que ces musiques ne s'écoutent pas avec un cocktail à la main à la manière dont on peut écouter du jazz cool, on est bien d'accord. Ces musiques sont d'une autre exigence. Peut-être que vues depuis un musée d'art contemporain parisien ces musiques paraissent comme "euphémisées", peut-être que les spectateurs parisiens, blasés, baillent aux corneilles en se faisant chier sans comprendre ce qui leur arrivent dans la gueule, mais quand l'association au nom de laquelle je parle se ballade en pleine cambrousse en proposant un salon d'écoute de ce types de musiques, j'ai plutôt l'impression qu'on me prend pour un drôle de "fouteur de merde". L'impact est esthétiquement très fort pour les gens. Et d'une certaine façon, il est aussi politique. Personne ne reste indifférent. Ces musiques remuent beaucoup de choses à l'intérieur des gens. En sommes, je suis bien d'accord, le côté musée est un peu chiant. Il faut faire écouter ces musiques ailleurs. Mais, entre nous, si Alva Noto et consorts se produisent dans les musées, n'est-ce pas surtout parce qu'il n'y a pas de place ailleurs...?
Commentaire n°15 posté par olivier le 03/05/2008 à 15h13
et oui tu as bien raison ! Ikeda à la salle des fête de Dreux !(ma ville natale) Oui !!! Mais Ikeda avec buvette ! Alva Noto avec buvette et cigarettes ! Bordel ! Je suis desolé mais je ne sais pas être attentif plus de 20 minutes de suite dans un concert. Je ne suis pas du genre cocktail et quand je me fais chier, je me casse. Mais j'ai le souvenir de la premier soirée buro en 1998 (ça y est je suis un vieux con) avec les Farmers Manual au Garage (qu'est devenu cette salle parisienne?). C'etait un beau merdier abstrait avec buvette cigarettes...
Commentaire n°16 posté par hypo le 30/05/2008 à 20h04
Toujours de très bons interviews !
Commentaire n°17 posté par Nameless Blog Informatique le 15/09/2009 à 23h56
 
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